La France « en état d’urgence sanitaire » (Dépassements d’honoraires, Déserts médicaux)

La France « en état d’urgence sanitaire » (Dépassements d’honoraires, Déserts médicaux)
La France « en état d’urgence sanitaire » (Dépassements d’honoraires, Déserts médicaux)

Après le récent rapport de la DREES « Toujours autant d’inégalités géographiques d’accès aux soins »
Le rapport de la DREES

Commentaires du Dr Jean SCHEFFER

Il est dommage que le constat établi par la DREES (Direction de la Recherche , des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques), s’arrête en 2013.
En effet depuis 2013, nombreux sont les médecins qui ont pris leur retraite ou ont quitté la médecine libérale, et la situation s’est encore aggravée comme l’a bien montré la « fracture sociale », l’enquête de « Que Choisir », étudiant en même temps l’inégalité d’accès en distance et en fonction des dépassements d’honoraires.

A lire sur Pourquoi Docteur : Acces-aux-soins-les-inegalites-se-sont-renforcees-en-4-ans

Et encore sur Que Choisir : Acces-aux-soins-en-france-la-fracture-s-aggrave

Extraits de l’enquête de Que Choisir:
« Un recul de l’accès aux soins en 4 ans pour plus de 30 millions de Français »
Entre 2012 et 2016, l’accès géographique aux médecins généralistes (à moins de 30 minutes du domicile) s’est dégradé pour plus du quart de la population. Pire, l’accès aux médecins spécialistes a diminué pour 38 % des Français en ce qui concerne les ophtalmologistes, 40 % pour les pédiatres et même 59 % de la population pour l’accès aux gynécologues. La situation est encore plus alarmante pour les spécialistes au tarif de la sécurité sociale, dont l’offre a reculé pour plus de la moitié des usagers, quelle que soit la spécialité étudiée.

Déserts des villes, déserts des champs
Selon les spécialités, ce sont entre 14,6 millions (pour les généralistes) et 21,1 millions (pour les pédiatres) d’usagers qui vivent dans un territoire où l’offre de soins libérale est notoirement insuffisante, principalement dans les zones rurales et montagneuses. Mais à ces déserts médicaux des champs, il faut ajouter les déserts médicaux des villes, qui eux sont financiers. Car lorsque l’on cherche à se soigner sans dépassement d’honoraires, c’est plus de 8 Français sur 10 qui n’ont pas suffisamment d’ophtalmologistes ou de gynécologues autour de chez eux !
Dès lors, la théorie dé-culpabilisante des dépassements d’honoraires « choisis » par les usagers s’efface devant la réalité des dépassements « subis » sur une grande partie du territoire, où l’accès aux soins sans discrimination financière devient chimérique.
1ère explication : une moins bonne répartition géographique des médecins
L’aggravation de la fracture sanitaire est d’abord géographique : les médecins sont moins bien répartis sur le territoire qu’en 2012. Et aucun département n’est épargné.
Les mesures de « saupoudrage incitatif », qui visent à inciter financièrement les médecins à s’installer dans les zones sous-dotées, prouvent ici leur criante inefficacité.
2ème explication : le dispendieux échec du Contrat d’accès aux soins
Sous l’effet des dépassements d’honoraires, le tarif moyen d’une consultation a augmenté depuis 2012 de 3,5 % pour les ophtalmologistes, de 5 % pour les gynécologues et même de 8,8 % pour les pédiatres, quand l’inflation sur la même période ne dépasse pas 1 %. On constate ici le dispendieux échec du Contrat d’accès aux soins, censé depuis 2013 réguler les pratiques tarifaires des médecins. En réalité, en 2014, il n’aura permis d’éviter que 59 millions d’euros de dépassements, sur un total de 2,46 milliards d’euros. Dans le même temps, les contreparties accordées aux médecins se sont élevées à 470 millions d’euros : 320 millions à la charge de l’Assurance maladie, et 150 millions à la charge des complémentaires santé. Dans ce jeu de dupes, chaque euro de dépassement d’honoraires évité aura ainsi indirectement coûté 8 € aux usagers.
A noter que la contestation à cette dernière enquête, venant tant des médecins libéraux que de la ministre de la santé Mme Touraine est plus verbale que fondée sur des preuves.
A lire :
Acces-aux-medecins-liberaux-la-csmf-denonce-les-solutions-caricaturales –
Acces-aux-soins-Marisol-Touraine-conteste-les-chiffres-de-l-UFC-Que-Choisir

La Réalité est que plus le temps passe, plus les inégalités d’accès géographiques vont croître car le nombre de généralistes et spécialistes va continuer à diminuer et que nos responsables politiques de gauche comme de droite n’ont pas la volonté politique de réguler l’installation des médecins pour résoudre les déserts médicaux hospitaliers et territoriaux.
Pourtant nombreux sont les organismes (Académie de Médecine, Conférence des doyens, Conseil de l’ordre à un moment, l’assurance maladie, la Cour des Comptes,la fédération hospitalière de France, les associations de malades CISS et autres…..), élus (projets de loi au Sénat, à l’Assemblée Nationale, Maires des petites villes, des villes moyennes, association des maires de France, qui demandent depuis longtemps cette régulation et une augmentation du numerus clausus.

La Réalité c’est qu’en fait d’encadrement des dépassements d’honoraires le Contrat d’Accès aux Soins (CAS) est un permis à dépassements d’honoraires pour tous les praticiens, un encouragement à ne plus pratiquer de tarif opposable (celui remboursé par la sécurité sociale).

La Réalité c’est que la France devient un pays en état d’urgence sanitaire.

« On ne se rend pas compte de la gravité de la fracture médicale en France »
La Croix 1er Septembre 2016
à lire en ligne

La « fracture sanitaire » s’aggrave en France
La Croix 29 Juin 2016
à lire en ligne

Venez nous rejoindre à l’APST, et avec plus de 80% des Français exigeons une régulation de l’installation des médecins et une augmentation du Numerus Clausus (nombre d’étudiants acceptés à poursuivre les études de médecine)
Adhérez, faites adhérer à l’APST pour un euro symbolique.
c’est ici

PS: L’ enquête de « Que Choisir » vous permet avec une carte interactive de visualiser votre situation vis à vis de l’accès aux soins auprès d’un généraliste, pédiatre, gynécologue, ophtalmologue, avec ou sans dépassements d’honoraires.

Vous informer !

S'inscrire à la News