Le Collectif santé 2017 : une belle opération de com’ pour un message consensuel, sans substance.

Le Collectif santé 2017 : une belle opération de com’ pour un message consensuel, sans substance.
Le Collectif santé 2017 : une belle opération de com’ pour un message consensuel, sans substance.

Le Collectif santé 2017 créé dans le secret, alliance de « la carpe et du lapin », dans quel but ?
On a assisté lors de sa création à une Grand Messe financée par les firmes pharmaceutiques et de matériel médical et regroupant un assemblage surprenant et hétéroclite de syndicats qui passent le plus clair de leur temps à s’opposer , proposant 7 engagements qui ne sont que des principes généraux sans engagement précis sauf le 5ème engagement pouvant servir les intérêts des généreux donateurs !

Nous aurions quant à nous d’autres propositions à faire en matière de santé et nous reprenons volontiers les 11 propositions du Professeur A. Grimaldi dans l’article ci-dessous.
Nous y ajouterions cependant :

-12 : Je m’engage à faire de la prévention une priorité, à la financer, à tout faire pour prévenir les maladies secondaires aux problèmes environnementaux (alimentation, pollution de l’air de l’eau, des sols…), cause de 40% des cancers et de nombreuses maladies chroniques (obésité, diabète, maladies auto-immunes…).

-13 : Je m’engage à ce que dans toutes les formations des professionnels de santé on organise dès les premières années un enseignement sur la santé publique, les déterminants de la santé, les inégalités de santé, l’éthique, la relation soignant-soigné, l’empathie… et leurs liens avec l’intérêt général.

Article de presse sur ce Collectif2017 :
Présidentielle 2017 par C. L B le 19-10-2016 Egora.fr
Présidentielle : le Collectif santé 2017 va asticoter les candidats durant la campagne

http:/ /www.collectifsante2017.fr/

Une douzaine d’organismes signataires d’un manifeste du « Collectif Santé 2017, va interroger tous les postulants à la fonction suprême sur la place qu’ils comptent donner à la santé s’ils étaient élus. Leurs réponses seront collectées dans un site internet dédié : collectifsante2017.fr

Ils ont tous constaté à quel point la santé était absente de la campagne pour la primaire de la droite et du centre, et particulièrement du premier débat télévisé des candidats. Voilà pourquoi les représentants des industriels du médicament et des dispositifs médicaux (Leem, Féfis, Snitem, Sidiv)) de syndicats de médecins libéraux (Csmf, MG France, SML) et de pharmaciens (Uspo, Fspf) aux côtés des patiens du Ciss, de l’hospitalisation à domicile (Fnehad) et des cliniques de la FHP ont décidé de bousculer les politiques pour qu’ils mettent la santé au cœur de leurs programmes présidentiels, en signant un manifeste en ce sens. Une initiative mise sur les rails il y a plusieurs mois, et qui trouve sa justification dans le déroulé de la campagne pour les primaires.

Lancé ce mercredi matin, « Le collectif santé 2017 », regroupe plusieurs organismes qui se sont souvent, par le passé, illustrés par « des différences et des différends ». A l’occasion de la présidentielle, ils ont tous voulu les mettre de côté pour parler d’une même voix durant la période qui s’ouvre jusqu’en mai prochain. Leur mot d’ordre: interpeller les candidats à la présidentielle pour que les sujets de santé fassent l’objet, « pendant la campagne électorale et tout au long du nouveau mandat, d’un haut niveau d’attention et de traitement ». Afin que notre nation demeure un grand pays de santé publique.
Le collectif va envoyer une lettre aux candidats, dans laquelle ils leur demande de prendre position et s’engager sur sept domaines essentiels à leurs yeux :faire de la santé, l’une des priorités de la campagne électorale, l’installer au cœur des politiques publiques, reconnaître la juste place des acteurs de santé, mettre en place une politique fondée sur la santé publique, repenser le financement du système de santé, impulser et accompagner la mutation et système et enfin, garantir l’accès aux soins et aux innovations.
« Notre pays est et doit rester un modèle mondial en matière de santé », plaide le collectif. Or, « le pilotage du système n’est pas armé pour affronter les grands défis de la santé d’aujourd’hui, car la gestion budgétaire par le déficit prive d’investissements certains secteurs pourtant essentiels du système de soins ».
« Les pouvoirs publics laissent se creuser, faute d’actions d’envergure, des inégalités de santé pourtant criantes », estiment-ils.
« Bien sûr il persistera des différences, mais nous pensons qu’aujourd’hui, ensemble, nous pouvons porter un ensemble d’axes communs », a défendu le président de MG France, Claude Leicher, interrogé sur les positions parfois diamétralement opposées des membres du collectif sur certains sujets (dépassements d’honoraires des médecins, développement des réseaux de soins, prix des médicaments…).
Les réponses des candidats seront reportées sur un site dédié : www.collectifsante2017.fr, car « l’objectif est aussi de sensibiliser les citoyens pour qu’ils prennent en compte les positions des candidats sur les sujets de santé, avant de déposer leur bulletin dans l’urne », a expliqué la co-présidente du Collectif interassociatif sur la Santé (Ciss), Danièle Desclerc-Dulac.
L’absence de certains acteurs majeurs de la santé a été soulignée, la Mutualité française ou les sociétés d’assurance complémentaire ou encore, pour la médecine libérale, la FMF ou le Bloc. Mais le Collectif est ouvert et compte bien s’élargir au-delà des 12 premiers signataires du manifeste.
[Avec l’AFP]
Les 7 engagements:
– 1 er engagement : replacer la santé au cœur de la campagne électorale, après le constat que la France n’est plus reconnue comme un grand pays de santé publique.
– 2 ème engagement : Redonner aux soignants et aux usagers le rôle d’acteurs dans le système et revoir la démocratie sanitaire, alors même que cette démocratie sanitaire est une parodie dénoncée avec fracas par la démission de Thomas Dietrich, un système où l’image, l’apparence et la communication masquent la réalité d’une gouvernance autocratique.
– 3 ème engagement : Faire de la prévention et de la santé publique une priorité.
– 4 ème engagement : Financement : Renoncer à une politique comptable, la santé étant créatrice de richesse.
– 5 ème engagement : Préparer le système à sa mutation et faire de la France un leader dans les données de santé, le numérique et la Télémédecine.
– 6 ème engagement : Garantir l’accès aux soins sur tout le territoire
– 7ème engagement : Réduire les inégalités sociales en santé.

L’avis du Professeur A. Grimaldi (Président du MDHP)
« Opération com » du nom de « Collectif Santé 2017 »-

Chers toutes et tous

Vient d’apparaître sur la scène médiatique un collectif Santé 2017
dont l’objectif déclaré est d’interpeller les candidats à la présidence
de la République.

Il s’agit d’une très belle opération de communication des industriels
de la santé ( Fédération Française des Industries de Santé FEFIS,
Syndicat des Entreprise du Médicament ,LEEM, Syndicat de l’industrie
de Diagnostic in Vitro SIDIV, Syndicat National de l’Industrie des
technologies Médicales SNITEM) qui ont réussi a réunir autour d’eux
dans une belle unité, non seulement la FHP représentant les cliniques
commerciales, mais le CISS, MGFrance et la CSMF. Bravo !

Et pour dire quoi?
Pour demander aux différents candidats de s’engager sur des principes
généraux qui justement n’engagent à rien .

« Je m’engage à considérer l’ensemble du secteur de la santé comme un
secteur stratégique pour le pays… » « Je m’engage à instaurer une véritable
démocratie sanitaire… »  » je m’engage à développer l’éducation à la santé,
la prévention, le dépistage et l’éducation thérapeutique »
« je m’engage à promouvoir un système réellement construit autour du patient… »
Je m’engage à oeuvrer pour la réduction des inégalités sociales de santé et
pour une politique d’accès aux soins »
AMEN !

Certains signataires amis auraient pu proposer d’autres engagements
plus précis , par exemple:

1 Je m’engage à ne pas réduire le taux moyen de remboursement pas la
Sécurité sociale et de le porter au cours du quinquennat à un minimum de 80%.

2 Je m’engage à ne pas remettre en cause la prise en charge à 100% pour les ALD
et à fixer une limite maximale au reste à charge des patients.

3 Je m’engage à ce que les assurés qui le souhaitent puissent choisir la Sécurité
sociale comme Assurance complémentaire moyennant une cotisation supplémentaire.

4 Je m’engage à développer une politique de réduction des dépassements
d’honoraires notamment grâce à une revalorisation des tarifs conventionnés
et à un plafonnement des dépassements dont le franchissement entraînerait le déconventionnement.

Je m’engage à ce que les médecins qui le souhaitent puissent choisir d’autres
modes de rémunération que le paiement à l’acte notamment pour le suivi
des patients atteints de maladies chroniques, ce qui faciliterait le développement de
l’e-médecine.

5 Je m’engage à favoriser l’exercice regroupé pluriprofessionnel pour la
médecine de premier recours en particulier dans les zones déficitaires en médecins et ce grâce notamment à un conventionnement spécifique avec la Sécurité sociale.

Je m’engage à construire avec les professionnels qui le souhaitent en particulier les jeunes médecins un service de la médecine de proximité basée sur le travail d’équipe pluriprofessionnel et la réduction des tâches administratives.

6 Je m’engage à développer le statut d’infirmière clinicienne travaillant en équipe
à l’hôpital et en ville.

7 Je m’engage à revoir les régles de fixation des prix des médicaments
et des dispositifs innovants en prenant plus en compte leurs côuts réels de recherche,
de fabrication et de développement, et en imposant à l’industrie une plus grande transparence.

8 Je m’engage à ne pas remettre en cause le statut de l’hôpital public mais
à le moderniser pour permettre au Service public d’appliquer la règle du
 » juste soin pour le patient au moindre coût pour la collectivité » et non la règle commerciale de la recherche de la rentabilité pour l’établissement. Le Service public
travaillera donc en complémentarité et non en concurrence avec les établissements privés
qui jouissent d’une plus grande liberté dans les limites d’une planification sanitaire régionale.

La T2A doit être limitée à son objet technique et ne plus être un instrument de transformation de la gestion de l’hôpital en gestion commerciale.
La révision des modes de financement accordera une place plus importante faite au principe de dotation et donnera plus de liberté aux professionnels pour développer des alternatives à l’hospitalisation.

9 Je m’engage à faire de la qualité une priorité en assurant la formation continue et le travail en équipe stable avec des professionnels en nombre suffisant et en développant avec eux l’évaluation des pratiques impliquant les patients et leurs associations.
L’hôpital public doit être au service du public

10 Je m’engage à mener avec les professionnels une politique visant à accroître
la pertinence des actes et des prescriptions, et plus généralement à traquer
les gaspillages et les prescriptions injustifiées.

11 Je m’engage à mettre en oeuvre la règle de l’équilibre des comptes de
la Sécurité sociale, le vote de l’Assemblée nationale sera précédé
d’un grand débat national sur les recettes et les dépenses. Ce débat organisé
dans tout le pays fera vivre la démocratie sanitaire.
Je veillerai à ce que la Santé reste notre bien commun et ne soit en conséquence ni étatisée ni privatisée

L’unité ne peut pas se faire au prix de la confusion.

Heureusement, la FHF et la FEHAP et la FMF ne font pas partie
de ce « collectif attrape-tout qui ne dit rien  » et dont le ciment risque fort de se limiter à « nous voulons augmenter notre part du gâteau »… sous entendu « en réduisant celle de l’hôpital public!  »

Amitiés- André Grimaldi

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