L’hôpital, les soins, la santé : ouvrons nos horizons !

L’hôpital, les soins, la santé : ouvrons nos horizons !

Etonnante tribune où les problèmes posés et les solutions proposées ne sortent pas de la planète « hôpital ». C’est tout le monde des soins qui craque, hôpital comme cabinets libéraux !

Après avoir encore réorganisé, optimisé, trié, que restera-t-il à gratter encore ? Remplacer les soignants humains par des robots et des algorithmes ? Voulons-nous de cette société-là ?

L’augmentation des maladies chroniques, notamment liée à notre environnement, plombe dramatiquement le budget des soins.

Il devient maintenant vital et urgent de s’occuper des causes de cette augmentation du nombre de malades et de maladies pour agir en amont.

A quand le débat public sur la santé environnementale et sur le coût de l’inaction face aux causes ?

La ministre de la santé n’a pas l’air très pressée de l’organiser : à nous société civile de l’imposer… et vite !
Nathalie Ferrand-Lefranc

« L’hôpital public est à l’agonie »
Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.

LE MONDE | 04.04.2018 à 11h46 • Mis à jour le 04.04.2018 à 12h18 | Par Rémy Nizard (Chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologie, hôpital Lariboisière)

« La tarification à l’activité, qui a permis un gain de productivité nécessaire à l’époque où elle a été initiée, mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe » (Hôpital de la Pitié-Salpétrière).
Tribune. L’hôpital public est une cocotte-minute prête à exploser. Après trente-quatre ans d’observation de tous les changements, parfois voulus mais le plus souvent subis, il convient de dresser un bilan très préoccupant.

Je dois constater que le système est à l’agonie, il s’est épuisé, s’est échoué maintenant, sur la tarification à l’activité qui a constitué l’estocade. Ce mode de financement a eu la vertu de remettre un sens économiquement pertinent à l’activité hospitalière, il a permis un gain de productivité nécessaire à l’époque où il a été initié. Mais aujourd’hui à force de pression et d’injonctions paradoxales, il mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe.

Les tragiques événements dans différents hôpitaux en France, même s’ils ne peuvent être analysés à la seule aune du travail hospitalier intense, sont des signaux d’alarme à prendre en compte. Comme responsable élu d’une communauté médicale, je vois tous les jours les conséquences de cette course sans fin vers un idéal inaccessible : faire parfait pour tout avec des moyens qui, par la force de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), diminuent.

Le royaume de l’injonction paradoxale
La catastrophe de l’application des 35 heures a désorganisé un équilibre fragile en limitant les nécessaires temps d’échanges et de lien social. L’hôpital est devenu le royaume de l’injonction paradoxale. Ceci s’exprime à tous les niveaux dans tous les métiers. Les cadres, tout d’abord, pris entre le marteau d’une direction exigeante et l’enclume d’infirmiers coincés par un travail lourd physiquement et émotionnellement qui leur font remonter leurs difficultés.

Les infirmiers et infirmières, eux aussi pris entre des patients dont l’exigence est légitimement montée, des cadences accélérées liées aux progrès médicaux qui diminuent le temps passé par les patients à l’hôpital au profit d’une rotation plus rapide, des moyens humains…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/04/l-hopital-public-est-a-l-agonie_5280525_3232.html#BITcF68coR8myQb3.99

Vous informer !

S'inscrire à la News