Bisphénol A: conséquences sur plusieurs générations – travailleurs du plastique taux très élevés

Les preuves s’accumulentLe Bisphénol A est certainement le perturbateur endocrinien le plus connu.

Les preuves de sa dangerosité s’accumulent.

Pourtant lors de la Stratégie Nationale de Santé, le ministère de la santé compte sur le « sens des responsabilités des industriels ».

La réponse semble bien loin des enjeux !

A quand une véritable politique de santé publique environnementale ?

La détermination citoyenne forte doit s’exprimer à tout niveau, y compris quand nous élisons nos représentants : quand ils se représentent, vérifions bien leurs votes de lois, pour savoir si ils considèrent la santé comme une priorité politique.
Nathalie Ferrand-Lefranc

Bisphénol A : l’exposition a des conséquences sur plusieurs générations

par Mégane Fleury

http://www.frequencemedicale.com/index.php?op=Actus&articleID=2949&fmnl=1&ReverseCode=tG0j7pX9tBv84nfb4aJLVw%3D%3D

Des chercheurs américains ont étudié plusieurs générations de souris. Les plus jeunes avaient des problèmes de communication liés à l’exposition de leurs grands-parents au bisphénol A.

Ekaterina79/iStock

Publié le 19.06.2018 à 17h50

Depuis 2015, le bisphénol A (BPA) est interdit dans les contenants alimentaires et les tickets de caisse en France. Une étude parue en 2016 montrait qu’il suffit de 90 minutes au bisphénol A pour s’infiltrer dans l’organisme. Les participants avaient seulement été en contact avec des tickets de caisse. Si l’on sait que ce perturbateur endocrinien cause des dérèglements hormonaux, on connaît peu ses conséquences à long terme. Une étudepubliée dans le journal PLOS One montre que cette substance peut avoir des effets négatifs sur la capacité à communiquer de souris, dont seuls les grands-parents ont été exposés au BPA.

Des souris exposés à deux types de perturbateurs endocriniens

Les chercheurs de l’université du Missouri ont travaillé sur des souris de Californie, car cette race a le même comportement que les humains : les deux parents (mâle et femelle) participent à l’éducation des enfants. Ils ont créé trois groupes de rongeurs avec trois régimes différents. L’un des groupes de souris a été exposé au BPA, un autre à l’éthinylestradiol (EE) qui est aussi un perturbateur endocrinien et le dernier groupe n’a été exposé à aucun perturbateur endocrinien. Lorsque la descendance de ces souris est née, les nouveaux-nés n’ont été exposés à aucun de ces produits.

Des vocalisations plus fortes

Les scientifiques se sont intéressés à la troisième génération de rongeurs. Pour évaluer leur capacité à communiquer, les vocalisations des souris ont été étudiées, car c’est par la voix que les nouveaux-nés communiquent avec leurs parents. Les chercheurs ont constaté que les descendants des souris exposées au BPA ou à l’EE faisaient des bruits plus forts, ce qui est un signe de détresse. Pour Cheryl Rosenfeld, l’une des auteurs de cette étude, ces cris augmentés peuvent être aussi le signe d’un manque de soin et d’attention des parents vis-à-vis de leur descendance. « Les effets multigénérationnels observés sur les souris de Californie peuvent avoir des liens avec les troubles de communication humain, comme l’autisme ou les troubles neuro-comportementaux », explique Cheryl Rosenfeld.

Une substance dangereuse

Les dangers du BPA ne sont pas encore tous connus. Plusieurs études montrent déjà les conséquences néfastes qu’il peut avoir : dégradation de la santé de l’émail des dents,risque d’obésité supérieur et de dépression pour les enfants qui y sont exposés in-utero,migraines… En 2016, l’Association Santé Environnement France a réalisé des tests un an après l’interdiction. Le BPA était encore présent dans certaines canettes et contenants.

Bisphénol A : forte contamination chez les ouvriers du plastique

par Marion Guérin

http://www.frequencemedicale.com/Actus-Medicale/1086-Bisphenol-A-forte-contamination-chez-les-ouvriers-du-plastique/conected/a9fd61fc1d487cfacd6260db596096c9-log-ab22da3d1407d81146fe47e1615a0217

Les employés des usines qui utilisent le bisphénol A ont des concentrations jusqu’à 1000 fois supérieures à celles de la population générale.

06photo/epictura

Publié le 07.01.2017 à 15h40

Il intoxique les populations, pollue les sols et tue à petit feu les travailleurs qui le façonnent. Le bisphénol A (BPA), ce perturbateur endocrinien massivement utilisé dans l’industrie du plastique, contamine les ouvriers des usines qui y ont recours. Les résultats d’une étude fédérale menée sur des travailleurs américains sont de ce point de vue particulièrement édifiants.

Ils montrent que les employés des usines qui utilisent ou fabriquent du bisphénol A ont des concentrations inquiétantes de produit chimique dans leur organisme. En moyenne, les taux de BPA dans leur corps sont 70 fois supérieurs à ceux observés en population générale.

1000 fois supérieures

Chez certains travailleurs, cette contamination a atteint des niveaux vertigineux. Certains possédaient des taux 1000 fois supérieurs à la plus haute concentration enregistrée en population générale aux Etats-Unis, précise encore l’étude publiée ce mercredi dans la revue Annals of Work Exposures and Health.

C’est la première fois qu’une étude se penche sur l’exposition au bisphénol A dans les usines américaines. Les analyses ont porté sur 77 ouvriers employés dans six entreprises américaines qui fabriquent ou utilisent du BPA. En 2013 et en 2014, les participants ont fourni plusieurs échantillons urinaires, réalisés après deux jours consécutifs de travail.

L’analyse des échantillons montre que l’organisme des employés pouvait se charger en BPA au bout de quelques jours de travail seulement. Alors qu’en population générale, l’imprégnation au BPA s’établit à un peu moins de deux microgrammes/gramme, chez un employé, cette contamination atteignait 18 900 microgrammes/gramme.

La peau absorbe

« La peau peut agir comme une barrière, mais nous devons avoir en tête qu’il s’agit aussi d’une énorme surface qui peut absorber les substances chimiques, souligne la chercheuse à l’origine de ces travaux. C’est un organe très efficace pour absorber des produits qui ressemblent à des hormones ».

Aux Etats-Unis (tout comme en France), il n’existe pas de seuils maximums d’exposition au BPA sur le lieu de travail. « Si nous avions clairement des niveaux d’exposition, comme pour le plomb, nous pourrions déployer des mesures supplémentaires afin d’alerter les travailleurs sur les risques qu’ils encourent », explique encore la chercheuse, qui appelle à une prise de conscience sur la toxicité du bisphénol A et sur la vulnérabilité d’une partie de la population. En effet, l’impact d’une telle exposition sur les fonctions reproductives et hormonales est bien connu et, dans ces circonstances, particulièrement alarmant.

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